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Sciences humaines de l'été #2

Sciences humaines de l'été #2

Une sélection pour ne pas perdre le fil d'une société galopant parfois vers un futur incertain...Renouer avec le vivant, vivre en dehors de toute assignation, s'animer d'une juste colère voilà des pistes à creuser tout cet été !

À travers son récit intime et une enquête auprès de 150 femmes, l'autrice explore cette peur, non comme un simple conflit psychologique, mais comme l'effet du patriarcat dans les familles, et de la violence que les femmes subissent, voire reproduisent, depuis des générations.
En esquissant une cartographie féministe de cette relation à la fois fondatrice et si complexe, Claire Richard nous offre des pistes de réflexion pour, peut-être, échapper à cette peur si partagée.

Lever la tête est un récit poignant dans lequel Pinar Selek revient sur une recherche sociologique qu'elle a menée dans les années 1990 en Turquie sur le mouvement kurde. Ce travail, réalisé dans un contexte de guerre civile, lui est confisqué en 1998 lors de son arrestation, puis détruite. Torturée, incarcérée, poursuivie pendant plus de vingt ans par la justice turque, Pinar Selek raconte l'effacement de cette enquête de sa mémoire, et sa réapparition récente, comme une blessure enfouie qui remonte à la surface. Il ne s'agit pas d'un simple retour sur un passé douloureux mais d'un acte de résistance intellectuelle et de création. Avec ce témoignage inédit sur les persécutions qu'elle a subies, l'autrice, soutenue internationalement, signe un manifeste en défense de la liberté de penser.

Sabine Valens propose l'une des premières critiques féministes de la fidélité conjugale en langue française. Accessible et percutant, son essai interroge la monogamie exclusive comme une norme patriarcale coercitive, qui pèse particulièrement sur les femmes. Entre témoignage, analyse et manifeste, Aimer sans posséder invite à repenser l'amour, la sexualité et l'engagement au-delà du prisme possessif, pour ouvrir la voie à une éthique relationnelle plus libre et égalitaire.

Ce livre raconte le voyage d'une famille de l'immigration algérienne partie enterrer le père au pays. Cette traversée est l'occasion d'une crise intime mais aussi de visions mystiques où se mêlent fantômes, retour en Palestine et oiseaux fantasmagoriques.
L'autrice de Rester barbare se propose de saisir les vies des colonisé-es et de leurs descendant-es comme une aventure métaphysique. Si les modernes ne savent plus entendre les récits merveilleux, et encore moins les prendre au sérieux, c'est peut-être une des puissances de la littérature que de redonner vie aux mondes invisibles. Délaissés tant par une religiosité de plus en plus agrippée à une orthodoxie fantasmée que par une laïcité désenchantée, les imaginaires postcolonisés ont été rangés au placard des superstitions et des folklores colorés.
Louisa Yousfi travaille ici le commun entre l'espace littéraire et les arts hiératiques : assumer la disproportion entre l'instrument et son produit, refuser la tyrannie des liens de causalité au profit des trames du sens et de leur pouvoir d'emprise, faire entrer dans le microcosme d'un objet, d'une trace, d'une oeuvre, l'immensité du macrocosme.

Dans ce « récit du futur », Camille de Toledo imagine les suites de ce qu'il a nommé le « soulèvement légal terrestre ». Comment une rivière, nommée L, avec l'aide de ses avocats, va pousser plus loin ce mouvement pour les droits de la nature. Après les premiers grands bouleversements, qui ont permis à des fleuves comme l'Atrato en Colombie ou la Whanganui en Nouvelle-Zélande d'être reconnus comme des entités vivantes, dotées de droits, les avocats de L déposent une requête surprenante devant le tribunal. Ils demandent la reconnaissance du « corps travailleur » de la rivière.

Que se passerait-il si l'amitié féminine représentait le même acquis social que le couple et qu'elle ouvrait autant de portes : capital économique, reconnaissance publique, soutien fiscal, réseau professionnel, aboutissement personnel ? L'amitié féminine bouleverserait tout le système. Ce livre nous invite à remettre en question le modèle traditionnel du couple hétérosexuel en tant que structure sociale principale et à imaginer d'autres possibles, d'autres façons de faire famille qui seraient sources d'épanouissement et de liberté pour les femmes. Un nouvel idéal de vie au pouvoir révolutionnaire.

À quoi ressemble la bisexualité ? Quel est son récit, son histoire ? Quels sont les vécus, discriminations comme fiertés, que vivent spécifiquement les personnes bisexuelles et pansexuelles ? Peu d'images et de réponses viennent à l'esprit, tant ces identités sont aujourd'hui encore invisibilisées, à l'extérieur comme au sein des communautés LGBTQI+. Régulièrement considérée comme un simple passage entre l'hétérosexualité et l'homosexualité, la bisexualité semble toujours devoir prouver son existence et sa spécificité. Ni hétéros ni homos, il est temps de partager des témoignages et expériences spécifiquement bisexuelles et pansexuelles. A travers un collectif de neuf auteur·ices, ce recueil se veut une contribution à une pensée politique bi, toujours en construction, qui trouble les lectures binaires du monde. Une occasion de faire résonner les mots « bisexualité » et « pansexualité » avec de nouveaux récits, heureux, complexes, divers et nécessaires.

Ce livre rassemble deux essais liés par un même constat : la langue est la charpente du fascisme. Dans Traduire Hitler, Olivier Mannoni revient sur sa traduction de Mein Kampf. Outre les tempêtes suscitées par la parution d'Historiciser le mal, il raconte ici la lutte au corps à corps avec une prose lourde et pernicieuse. Car pour conserver la mémoire des mots qui ont rendu possible l'indicible, ce texte devait demeurer ce qu'il est : la grammaire de l'horreur. Face à une actualité où les démons semblent renaître, Coulée brune tire les conséquences de ce travail pour nous alerter sur le pouvoir du discours tronqué, trompeur et d'autant plus efficace qu'il est simpliste. Le venin du fascisme infecte la langue depuis plus longtemps qu'on ne le pense... À quand cela remonte-t-il ? Au second tour de 2002 ? À la crise des Gilets jaunes ? À celle du COVID-19 ? S'aventurant jusque dans les entrailles de notre histoire européenne, ce livre d'une lucidité redoutable met à nu les menaces linguistiques qui pèsent sur nos démocraties.

À l'époque du " Porno Chic ", cinéma, mode et médias s'encanaillaient avec l'imaginaire du X. Vingt-cinq ans plus tard, à l'aune de #MeToo, Ovidie relit et interroge ce moment charnière, fait d'exhibition et de stigmatisation, pour analyser la violence du " slut shaming " : ce marquage au fer rouge de femmes exposées à la sexualisation, et prises entre consécration et opprobre.

Et si le dancefloor n'était pas l'espace neutre que l'on pensait ? S'inspirant de sa conférence phénomène, l'artiste incontournable Habibitch nous invite à décoloniser la scène pour danser la politique et politiser la danse.

La station balnéaire de Lloret de Mar reçoit chaque été des milliers de jeunes Européens attirés par l'imaginaire qu'elle convoque : plages et musique, excès d'alcool, rencontres et promesses de relations sexuelles. Ces touristes sont majoritairement de jeunes hommes hétérosexuels, et n'ont qu'un seul objectif en tête : « rencontrer » des filles (cqfd :
coucher avec). Car derrière l'insouciance feinte, se joue un bien moins léger rite d'initiation - celui de la masculinité hégémonique, et des violences qui l'accompagnent.

Le second mandat de Trump marque la consolidation d'un fascisme inédit, né de la Silicon Valley, autour d'une galerie baroque allant d'Elon Musk à Curtis Yarvin en passant par Peter Thiel. Le philosophe Norman Ajari décrypte leur vision « archéofuturiste » : culte de la technoscience et des hiérarchies antiques au profit d'une élite économique et raciale de PDG-rois. Si les véhicules du fascisme du XXáµ% siècle furent le parti et l'État, celui du XXIáµ% siècle pourrait bien être l'entreprise. Les mégacorporations totalitaires cyberpunk semblent sortir de leur réalité alternative pour faire effraction dans la nôtre. « Technofascisme » : tel est le nom de ce nouveau rêve de la suprématie blanche.

Être allié.e, c'est pas si compliqué !
Vous voulez soutenir les personnes LGBTQIA+, mais vous ne savez pas par où commencer ?
Ce petit guide vous donne les clés essentielles : ce qu'il faut dire ou ne pas dire, faire ou éviter de faire, quel que soit le contexte - en privé, avec des proches, à l'école, au travail, dans la rue...
Devenez un·e allié·e sur qui on peut compter !