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Arpenter la rentrée littéraire est une joie sans pareille. Les libraires sont comme des petits garnements qui devant l'autorité parentale cherchent le pas de côté. Les recensions, les critiques, les avis tournent autour des mêmes titres. La presse, tel un père autoritaire, marque de son sceau ce qui doit être lu.

C'est alors que le miracle se produit. Le libraire-garnement est attiré par un livre. Cet ouvrage irradie de ce je-ne-sais-quoi inhérent à toute belle rencontre. Ce livre, pour moi, est Trois de Corinne Dezarzens.

Dans ce court récit tentaculaire, libre de toutes convenances narratives, Corinne Desarzens se raconte en tant que fille, sœur et mère. Et se déploie alors au détour de quelques lignes ce qui en nous palpite et finit par advenir à condition de se libérer des injonctions de Mme Mère, de se frotter au risque et de viser une vie à la fois pleine et légère.

Car nous sommes tous et toutes des Grands Paons de Nuit, ces papillons qui ont besoin de temps pour se métamorphoser. Et le temps de la métamorphose n'est pas donné : "C'est caché. C'est frustrant. C'est palpitant. C'est inquiétant." .

Merci à Corinne Desarzens de nous livrer cet invisible qui travaille en chacun de nous.

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