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Les cimetières sont des lieux chargés d'Histoire(s), les petites rencontrent la grande comme on dit. Ils sont chacun agencés d'une certaine manière, ils appartiennent à une ville, qui appartient à un pays. Prendre conscience de tout ça, c'est les parcourir avec beaucoup d'humilité. Dans cet ouvrage, on voyage avec Mariana Enriquez, on parcourt le monde à ses côtés. Elle se raconte et nous fait part de ses réflexions, elle nous confesse des choses très intimes. L'autrice se dévoile, esquisse un portrait d'elle que j'ai trouvé fascinant (et tellement punk !). Et puis, ce livre n'est pas un livre sur la mort à proprement parler, c'est une ouverture sur le monde.

Le cimetière est un lieu à la signification complexe. Les corps y reposent mais y vivent aussi des fantômes et des saints, des gardiens et des visiteurs parcourent également les allées - les défunts sont rarement tranquilles. Mille et une histoires cohabitent et l'autrice argentine, flâneuse invétérée, nous donne à voir l'aspect envoûtant de ces lieux, leur esthétique et leur beauté sans pareille, tout autant que ce que la mort, souvent, raconte : l'héritage colonial, les inégalités sociales, l'effacement historique et bien d'autres choses. On déambule certes, mais on apprend aussi. Sous la forme de chroniques, de courts reportages immersifs, Mariana Enriquez nous parle des morts mais aussi des vivant•es, des oublié•es des fosses communes, des anonymes dans les cimetières célèbres. On se rend compte des différences de traitement de la mort dans les sociétés occidentales et non occidentales. Certaines veulent la cacher, l'oublier quand ailleurs elle est louée et célébrée.

Grâce à l'autrice, on découvre aussi bon nombre de mythes et légendes, certaines font froid dans le dos et d'autres sont plus émouvantes. On sent bien qu'elle a adoré les découvrir et que ça l'inspire beaucoup ! J'ai beaucoup aimé lire une facette plus intime de cette autrice, sa fascination pour ces lieux insolites, ses émotions fortes face à des statues de pierres tombales, son grand intérêt pour les histoires qui se cachent derrière les noms. Un livre sur la mort, oui. Mais aussi sur la poésie du temps qui passe... Mention spéciale à sa traductrice, Anne Plantagenet, qui fait toujours un travail incroyable 😄

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