Jardin d'été
Quand on a 12 ans, de nombreuses questions fourmillent et les réponses sont dures à obtenir : qu'est-ce que la mort ? Y-a-t-il quelque chose après ? Et pourquoi on vieillit ? Et pourquoi on a peur du noir ? Et les fantômes, c'est lourd ou c'est léger ? Et pourquoi elle me regarde cette fille ? Et pourquoi moi, je la regarde ? Tant d'autres encore, qui vont, qui viennent.
Kiyama et ses deux amis vont avoir une idée lumineuse pour observer la mort : surveiller un monsieur assez âgé qui vit seul et le prendre sur le fait. Le mystère de l'au-delà n'aura plus de secrets pour eux ! Bon, les trois inséparables ne sont pas des plus discrets et sont vite attrapés. Mais ce qui aurait pu exaspérer leur vieux voisin va plutôt s'avérer être la meilleure idée qu'ils aient jamais eue. Car grâce à cette rencontre, Kiyama, Kawabe et Yamashita vont vivre tant de moments précieux et éclairer pas mal de zones d'ombres. Le dernier été de leur enfance sera riche de discussions, de bêtises, de camaraderie, d'apprentissage de la vie. Tous ces souvenirs qu'ils se créent viendront les nourrir pour longtemps et cette belle amitié intergénérationnelle restera gravée dans leur mémoire. Tout comme dans celle de ce monsieur âgé dont l'existence se délitait et qui, au contact des trois garçons, reprendra consistance. La transmission a ceci de beau qu'elle a un impact sur chacun d'eux.
Ici, la fin de l'innocence n'est pas une sentence mais simplement un passage, un autre chemin à emprunter, vers l'inconnu certes, mais plein de promesses. Ce roman fut une très belle lecture, tendre et drôle, qui aborde l'exigence de la réussite scolaire, les liens familiaux distendus, la solitude, la vieillesse, la transmission, l'amitié, la mort, etc... Un dernier été avant que l'adolescence n'arrive, à savourer des pastèques bien fraîches, regarder pousser les fleurs, endurer les révisions intensives, se questionner sur les premiers émois, et quand les larmes du chagrin surviennent, les laisser couler...