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Aurélien Gautherie nous conte l'histoire d'un amour paternel qui va résister au temps et à l'absence. Prenant la forme d'un roman choral qui alterne les voix humaines s'exprimant sur cette épreuve, nous lecteur•ices avons l'impression d'assister à des confidences, et c'est véritablement poignant. Cela dit, hormis les hommes et les femmes, d'autres observateurs prennent aussi la parole et c'est ça qui donne toute son originalité et sa profondeur au roman : le village, le petit bonnet de laine, le seuil du foyer donnent de la voix, comme autant de symboles de la brièveté d'une vie dont le souvenir, l'empreinte est impossible à effacer.

Ces mots comme murmurés, ces silences assourdissants traduisant une indicible douleur, les vents des îles Féroé les emportent, eux qui balaient ces étendues, ces paysages âpres, et nous offrent leurs litanies pour bien faire comprendre aux mortels ballottés par la vie que des forces les dépassent. Face au souffle du monde, nous ne sommes rien. Il porte les mots/maux qu'on ne saurait dire, qu'on ne saurait crier.

Un premier roman qui donne à voir des petites vies qui pourraient être perçues comme insignifiantes finalement, perdues à l'autre bout du monde, une existence d'insulaires, un mode de vie figée dans l'éternité mais la modernité du traitement de l'auteur vient secouer tout ça. Il esquisse tout en douceur la rudesse de l'archipel et nous rappelle que toute vie est importante, aussi éloignée soit-elle, aussi brève soit-elle. Et quand les porteurs de mémoires, de souvenirs s'éteignent, reste toujours quelqu'un pour prendre la plume, et raconter...

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