Mexico Médée
Le cri tonitruant des mères face à la violence d'un pays qui ne protège pas ses enfants. Donner la vie se mue en acte de résistance pour contrecarrer cette sauvagerie omniprésente, mais ne pas donner naissance est aussi un choix fait en toute conscience pour ne pas offrir de chair à canon au narco trafic et aux organisations criminelles. Les mères mexicaines que nous présente Dahlia de la Cerda sont toutes des résistantes à leur manière. Et qui mieux que Médée, mère infanticide, femme trahie, pour être le fil rouge de ces histoires, pour débarquer au Mexique chercher une forme de rédemption, pas de pardon ni de justification mais apporter son aide et son soutien à cette résistance maternelle qui crie son désespoir.
Comme dans son précédent recueil, les nouvelles se répondent. À travers la forme courte, Dahlia de la Cerda explore les différentes facettes des violences liées au narco trafic et aux organisations criminelles. Elle donne à voir une masculinité brutale, destructrice, et qui profite des plus pauvres et des plus vulnérables. Cette virilité qui ne connaît aucune limite, ce sont celles qui la subissent qui en parlent le mieux. Ces monologues de femmes, remplis de fougue et d'angoisses sont, encore une fois, incroyables. La traduction de Lise Belperron me scotche à nouveau car retranscrire une oralité ça n'est pas facile ! Et là, c'est tellement fluide, c'est tellement rythmé, franchement bravo et merci !