American desperado

Jon Roberts, Evan Wright

Traduction : Aurelie Tronchet
Lgf, 9,10 €

"Psychopathe, peut-être, raciste, jamais !" voici résumé en peu de mots qui fut Jon Roberts (né John Riccobono).
Fils d'un tueur de Lucky Luciano, neveu d'un comparse de Meyer Langsy et Bugsy Siegel (patrons de Murder Incorporated, gang juif associé à la mafia italo-américaine), Jon avait tout pour finir farci de plombs avec des poids attachés aux pieds au fond de l'Hudson.
Et pourtant il mourra en 2011 d'un (banal) cancer.
Fruit de nombreux entretiens entre le journaliste Evan Wright et le peu recommandable Jon, American Desperado nous convie à suivre l'étonnante succes-story (si l'on peut dire) d'un "génie" du crime.
Jon Roberts savait qu'il était un sale type et l'assumait.
"Gérant" de boites de nuit dans le New-York des années 1970 pour le compte de la mafia, puis organisateur de la contrebande de cocaïne pour le tristement célèbre cartel de Médellin dans la Floride des années 80, il raconte avec un humour cynique l'histoire peu reluisante d'une certaine Amérique.
De la main-mise de la mafia sur la ville de New-York aux magouilles de la C.I.A, des procureurs véreux aux flics ripoux en passant par les turpitudes de certaines célébrités (pour les noms, il faut lire le livre...), Jon balance tout.
On pense aux "affranchis" ou à "Scarface" mais aussi aux films de Tarantino à travers des scénes surréaliste d'orgies au milieu de types surarmés, de mallettes bourrées de billets verts et de saladiers remplis de coke. Ici, la drogue se négocie par centaines de kilo, les Porsches se paient en liquide, les cadavres servent de repas aux alligators et les tiroirs regorgent d'armes automatiques.
On tourne les 700 pages du livre sans pouvoir s’arrêter, fasciné mais aussi avec un sentiment de malaise, car on ne peut s’empêcher d'éprouver une sorte de sympathie pour cette authentique crapule (doux euphémisme).

En bonus la "bande annonce"sur le site de 13e Note http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=uuS3vZUiIpg