Azolla

Karine Bernadou

Atrabile, 23,50 €

Onirique, érotique, cathartique. Si étrange et indescriptible à la fois.

Il est presque une gageure d’essayer de conter ce genre d’histoire muette où tout se passe dans la force de l’image, la puissance du trait d’aquarelle aux tons bleu et rouge vifs, irradiant avec la plus grande liberté sur chaque page et sautant inévitablement aux yeux. Pour être succincte et vous épargner une interminable tirade dithyrambique (même si amplement méritée), il m’a simplement fallu en parcourir la première page pour m’immerger définitivement dans le monde d’Azolla et ne plus espérer en ressortir indemne, tournant page après page avec ardeur jusqu’au point crucial. L’auteur nous plonge brillamment dans le récit ensorcelant d’une jeune femme meurtrie par l’abandon, hantée par ses propres démons et entamant un voyage profond et charnel oscillant entre réel et imaginaire jusqu’aux recoins les plus sombres de sa folie.

Cinq ans après Canopée, Karine Bernadou revient chargée d’une histoire à la beauté fascinante et réaborde avec talent les thèmes de l’abandon, du tourment de l’âme et de l’errance en expérimentant une nouvelle fois avec maîtrise le récit sans texte, sublimant et amplifiant notre expérience de lecture.

Une vraie perle !